Initiation au Omaha Hi/Lo
Le Omaha est en passe de devenir le jeu de prédilection de la première génération des joueurs internet qui ne se reconnaissent plus toujours dans le Texas Holdem, en proie aujourd’hui à la dictature de la ménagère de moins de 50 ans. Bref au hold’em la popularité, au Omaha la noblesse, alors sortez vos perruques poudrées et commencez à jouer.
Des hauts, des bas… et du Omaha !
Voilà quelques mois, peut-être quelques années que vous vous adonnez aux joies du poker et subitement vous ressentez une certaine lassitude. Que vous soyez gagnant ou perdant, vous auriez bien envie de sortir un peu des sentiers battus du Texas Hold’em, d’ailleurs vous l’avez déjà fait. Souvenez-vous, la semaine dernière vous comptiez vous faire un petit sit & go à 9 joueurs et dans votre empressement vous vous êtes trompé de table, on vous a distribué 4 cartes au lieu de deux, vous vous êtes d’ailleurs fait sortir en moins de deux, votre carré de Rois servi ayant été inexplicablement battu par une main mal identifiée aux allures de poubelle… C’était du Omaha Hi Low pot limit, l’une des variantes les plus fun du poker, un jeu facile à apprendre à condition de désapprendre certains réflexes acquis au Hold’em.
Pour commencer, le Omaha se joue donc avec 4 carte fermées (au lieu de 2 au Hold’em), pour le reste cela ressemble beaucoup au hold’em dans la mesure où le board est commun à tous les joueurs attablés et qu’il se compose d’un Flop suivi d’un Turn et d’une River, vous ne serez pas trop dépaysés. Comme au hold’em, il s’agit de composer la meilleure main avec 5 cartes. Mais attention, pour ce faire, vous devez utiliser deux de vos cartes privative, ni plus, ni moins. Par conséquent, un brelan ou un carré servi ne vous sera d’aucune utilité, pire, cela reviendrait à vous priver vous-même de vos propres outs ! Au Omaha, comme au hold’em, il s’agit de composer la meilleure combinaison possible pour battre ses adversaires. Au Omaha Hi/Lo, la variante qui nous intéresse ici, c’est un peu plus compliqué que cela. Il s’agit comme son nom l’indique d’une variante dans laquelle le pot est divisé en 2 : le joueur produisant la “plus mauvaise main“ emporte la moitié du pot tandis que l’autre moitié va au meilleur jeu produit. Mais la subtilité de cette variante c’est qu’avec vos 4 cartes privatives, vous pouvez composer à la fois un Hi et un Low en utilisant deux combinaisons de deux cartes différentes et ainsi empocher la totalité du pot. Cette double façon d’emporter le pot, ajouté au fait que vos quatre cartes privatives vous offrent un total de 6 combinaisons possibles, font du Omaha Hi Low un jeu plein d’action et il sera très rare qu’une manche s’achève préflop. A une table complète, les joueurs ont déjà 36 cartes entre les mains. Attendez-vous donc à voir des cartes et à voir du jeu. Pour autant, rangez au placard toute la hiérarchie des mains que vous avez apprise au Hold’em. Les brelans et les double paires par exemple qui sont des monstres au Hold’em deviennent des mains très banales en Omaha. En général, si vous n’avez pas les nuts ou si vous ne tirez pas pour le jeu max, c’est qu’il est déjà entre les mains de quelqu’un d’autre et vous n’avez donc plus rien à faire dans ce coup. La prudence est donc de mise au moment d’évaluer la force réelle de votre main. Ainsi, trois cartes de la même couleur au board avec plus de trois joueurs en jeu et c’est la couleur assurée. Une paire au board et vous pouvez tout de suite envisager un full chez vos adversaires… Par conséquent, le jeu préflop revêt au Omaha et plus encore au Omaha Hi/Lo, une importance capitale au moins du point de vue de la sélection des mains de départ. A la différence du Hold’em, pas question ici de s’amuser à voler allègrement les blinds avec une poubelle ou encore de sortir un three barrel bluff de derrière les fagots. Ne relancez qu’avec vos grosses mains et pas en espérant sortir des joueurs du coup, ce serait illusoire. Vous ne passerez vraiment à l’attaque qu’après avoir vu le flop et estimé la force et le potentiel réel de votre main.
Qu’est-ce qu’un High ?
Pour le High, la hiérarchie des mains reste la même qu’au hold’em : Hauteur (du jamais vu en Omaha), paire, double paire, brelan, quinte, couleur, full, carré, quinte flush… Vous avez la meilleure main, vous encaissez la moitié du pot. Et s’il n’y a pas de Low pour briguer l’autre moitié, ou mieux, que vous détenez vous-même le meilleur Low, la totalité du pot vous revient de droit
Qu’est-ce qu’un Low ?
Pour produire un Low, il faut détenir 5 cartes distinctes, inférieures ou égale à 8. A-2-4-6-9 n’est pas un low. A-2-4-6-8 est un low, mais il peut être battu par de nombreuses mains, à commencer par A-2-4-6-7. Pour comparer deux low, on fait comme au razz on converti la main en nombre décimaux en commençant par la carte la plus haute : 86.421 est supérieure à 76.421 et est donc battu. Un Low ne peut pas contenir de paire, en revanche une couleur ou une quinte ne rentre pas en compte dans l’estimation d’un low, et même mieux que ça, une telle main peu vous permettre de briguer à la fois le high et le low. Avec A-2-3-4-5 (la “roue“) vous battez à la fois un brelan d’As pour le high et une main de type A-2-3-5-6 pour le Low.
La sélection des mains de Départ
Votre première règle d’or au moment d’entrer ou non dans un coup est de vous assurer que vous jouerez pour la totalité du pot. Le principe même du Hi/Lo est que les pot sont souvent partagés entre la main basse et la main haute, mais ce n’est pas une raison pour viser petit. Pour commencer, ne jouez que les mains qui contiennent un As, et dites-vous que deux As, ce serait encore mieux. La meilleure main de départ possible est A-A-2-3, chacun des As étant assorti au deux petits kickers de votre main. Avec une telle main, vous tirez non seulement pour de multiple Low, mais aussi pour deux couleur max et potentiellement un excellent brelan et de nombreux fulls.
Pour le reste, voici la liste des mains premiums en Omaha Hi/Lo, comprenez par là, des mains qui justifient d’aller voir le flop presque à n’importe quel prix :
1. A-A-2-3
2. A-A-2-x
3. A-A-3-x
4. A-2-3-4
5. A-2-3-x
6. A-2-K-K
7. A-2-Q-Q
8. A-3-4-5
9. A-A-4-5
10. A-2-Q-K
11. A-2-K-J
12. A-2-x-x
13. A-3-K-K
14. A-3-4-x
15. 2-3-4-5
Notez que contrairement au Hold’em, le slow play est assez profitable en Omaha High Low. Dans la mesure où ce seront souvent les tirages qui feront la différence, si vous avez la meilleure main de départ, vous avez tout intérêt à laisser entrer dans le coup un maximum de mains marginales de façon à vous accorder la meilleure cote implicite possible. Pour autant si vous êtes au bouton ou en blind, tous les joueurs susceptibles de faire grossir le pot l’ont déjà fait, ce n’est plus le moment de faire des cadeaux, relancez pour continuer à faire grossir le pot !
Stratégie post flop
Une fois que vous avez vu le flop, il n’y a plus que trois cas de figure possibles :
-Vous avez les nuts pour le High, le Low, ou pour les deux
-Vous avez un tirage pour le jeu max
-Vous n’avez rien de tout ça, et pour vous il est temps de quitter le coup.
Mais attention, il reste certains pièges à éviter. En général un joueur dont le jeu contient A-2 va entrer dans le coup à n’importe quel prix pour voir le flop. Si ce dernier présente deux cartes basses (inférieurs ou égale à

il tire de fait pour le low max. Potentiellement, 4 joueur peuvent avoir ce même low max dans un même coup. Et si c’est votre cas vous devrez partager le low avec eux. Cela signifie, si l’on prend un cas de figure classique ou vous n’êtes plus que trois joueurs après le flop, l’un avec le High les deux autres sur le même low, que vous ne briguez ni le pot ni même la moitié du pot, mais seulement un quart du pot. Par conséquent un tiers de chacune de vos mises représentera une perte sèche, quels que soient vos gains à l’issue du coup, puisqu’elle ira alimenter la partie du pot que vous ne pouvez pas briguer. C’est ce que l’on appelle se faire quarteriser et ce n’est jamais agréable. Soyez donc prudent.
La situation idéale est bien sur d’être en position de “scooper“ le pot, c’est-à-dire que vous êtes capable de briguer les deux moitiés du pot en produisant un High et un Low. D’une manière générale, la situation la plus sûre est de détenir le jeu max sur un board qui ne présente pas plus de deux petites cartes. De cette façon vous êtes assuré de raffler l’intégralité du pot.
Pour le reste, jouez comme vous savez le faire en Hold’em en veillant toujours à vous montrer plus pessimiste et en relativisant toujours la force de votre main par rapport aux possibilités offertes par le board à vos adversaires. Vous connaîtrez sûrement des hauts et des bas, mais vous avez désormais toutes les armes pour vous défendre au mieux à une table de Omaha.
