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lassalle1809
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Puce voici une série d'articles

le Lun 13 Avr - 18:02
bjr, voici une série d'article que j'ai trouvé et je pense qu'ils sont très intéressant donc je les postes.
source live poker magazine

je vous souhaite une bonne lecture , Suspect Suspect Suspect

Les 50 meilleures mains du Hold’em

Une table truffée d’inconnus, certains agressifs, d’autres carrément passifs ; d’autres encore qui vous sont totalement opaques. Et vous, qui écopez « under the gun » d’une petite paire de Huit. Que faire ? Se contenter de suivre et voir ce qui se passe ? Ecarter les mains intermédiaires, voire marginales en relançant très fort d’emblée ? Gros dilemme. Enorme casse-tête.

Voilà en effet le genre de situations classiques et très inconfortables dans lequel le joueur de poker se retrouve bien souvent. S’il n’y a (heureusement !) pas de plan de jeu « tout fait » ou de formule gagnante au poker, il y a tout de même quelques fondamentaux. Et savoir évaluer la force de sa main preflop en fait partie. Pour optimiser ses chances de gain et minimiser celles de vos adversaires, il faut déjà sélectionner avec soin ses main de départ. Sur les 1326 mains possibles dont vous pouvez écoper, seule une petite cinquantaine valent la peine de se mouiller. Voici donc le palmarès de ces 50 meilleures mains de départ. NB : ce palmarès ne tient pas seulement compte de la confrontation de deux mains entre elles, mais prend en considération différents paramètres d’une table pleine de 8 à 10 joueurs. Par exemple, et c’est l’une des surprises de ce classement, RD assortis est une main mieux classée que A, 10 assortis, alors que dans une confrontation directe, c’est cette deuxième qui est nettement favorite.


Le top du top

AA – La paire d’As est incontestablement la main de départ la plus forte du Texas Hold’em. « Pocket rockets », « American Airlines (AA) »… quel que soit le surnom qu’on lui donne, c’est la main que l’on rêve tous de découvrir, notamment dans les fins de tournoi difficiles !

RR – Juste derrière la paire d’As, la paire de Rois est elle aussi une main significativement plus forte que toutes les autres. Les Anglo-Saxons, qui appellent cette main KK, l’ont ainsi baptisée « King Kong » ! Un petit nom qui en dit long…

DD – Ces Dames n’ont pas la quasi toute-puissance de leurs supérieurs masculins les As et les Rois. Néanmoins, la paire de Dames reste une main de très forte qui fait partie du trio de tête. Quelle que soit votre position à la table, si vous avez en main l’une de ces trois paires, vous devez relancer et même sur-relancer si quelqu’un l’a fait avant vous. Le gain n’est évidemment pas garanti, mais au moins les probabilités sont en votre faveur. Si par hasard, votre paire de Dames ou de Rois se heurte à AA, vous vous consolerez – car alors vous avez 8 chances sur 10 de perdre – en sachant que même les champions ne savent pas éviter ce genre de mauvaises rencontres !


Les dauphins

VV – La paire de Valets vient clore le petit groupe des grosses paires qui tiennent le haut du pavé. Elle est « jouable » dans à peu près n’importe quelle position, mais pas forcément au prix de n’importe quelle relance. Si un joueur ou plus ont déjà relancé ou sur-relancé dans une position exposée (loin du bouton), alors attention, très grosse paire à l’horizon.

AR de la même couleur – Une très belle main, qui offre un large éventail de possibilités et de tirages : la paire maximale peut s’appuyer sur le meilleur kicker ; un flop avec un As et un Roi garantit les deux paires les plus fortes ; on peut envisager une suite à l’As ou rêver d’une couleur elle aussi « max » ; et si par bonheur les deux sont au rendez-vous, la quinte flush royale n’est plus très loin ! Du très beau jeu en perspective…

AD de la même couleur – Moins forte qu’AR assortie en termes de hauteur, cette main reste néanmoins puissante, procurant elle aussi de bonnes possibilités de couleur et de suite. Une belle main de relance quand la position y est favorable. Si ces trois mains sont elles aussi des mains de relance et quelquefois même de sur-relance, il convient toutefois d’être plus attentif à la position et aux surenchères éventuelles effectuées avant votre tour de parole, qu’avec AA, RR ou DD.

10-10 – Cinquième du classement, la paire de 10 est une main relativement forte, qu’il convient de relancer si personne ne l’a fait avant vous. S’il y a déjà eu une surenchère, entrez quand même dans le coup pour voir le flop. S’il y a déjà eu une relance mais que vous êtes dernier de parole, on recommande généralement de sur-relancer.

AR dépareillés – Encore une main de premier choix, même si elle n’est constituée ni d’une grosse paire ni de deux grosses cartes assorties.

AV de la même couleur – Après AR et AD de la même couleur, la suite logique des (très) fortes mains assorties : AV. Encore des mains de relance, mais à doser avec circonspection.


Les accessifs

RD assortis – Première main de notre palmarès à ne pas contenir un As, elle se place notamment devant A-10 assortis car elle présente davantage de possibilités de suite que cette dernière.

9-9 – Cette paire moyenne a encore de bonnes chances en tête à tête, face à une main du type AR, AD ou AV. Mais face à plusieurs adversaires, la force de cette main se révèle assez limitée.

A-10 assortis – Légèrement inférieure à RD de la même couleur (voir plus haut), elle fait cependant partie des fortes mains assorties.

AD dépareillés – Belle hauteur, mais possibilités de couleur très faibles, et les éventuelles suites ne sont qu’occasionnelles.

RV assortis – Cette main offre légèrement plus de possibilités de suite que la précédente, et cependant elle arrive derrière A-10. L’explication : le Roi n’est tout simplement pas aussi puissant que l’As.

8-8 - Une paire moyenne, qu’il faut bien entendu jouer, mais prudence si vous êtes parmi les premiers de parole, donc dans une position exposée à tous types de relance.

DV assortis – Une main qui offre des potentialités de suite et de couleur appréciables, mais susceptible de se « faire prendre » à la hauteur par un As ou même un Roi.

R-10 assortis – Comme pour la main précédente, une belle main de tirage, mais qui ne fait pas le poids en termes de hauteur face à un As.

Ces six mains sont jouables depuis n’importe quelle position et méritent que l’on suive pour voir le flop, en particulier si les enchères n’ont pas été trop élevées. Mais il ne faudra pas hésiter trop longtemps à jeter vos cartes si le flop vous a été défavorable.


Les mains moyennes

A-9 assortis – Si l’on excepte les paires, il s’agit là de la première main de notre classement à ne pas offrir de possibilités de suite. Cette main reste relativement forte grâce à l’As et au fait que les deux cartes soient de la même couleur.

AV dépareillés – Cette main tire sa force de l’As, qui peut s’appuyer sur un kicker très honnête. Pas de possibilités de couleur (du moins à deux cartes), mais AV offre néanmoins un tirage à la suite si le flop est très favorable.

D10 assortis – Une jolie main de tirage, qui tire sa seule force du fait que les deux cartes soient assorties.

RD dépareillés – Constituée de deux fortes figures, qui plus est connectées, cette main paraît plus forte qu’elle ne l’est en réalité. Même s’il s’agit d’une main parfaitement jouable, il convient de rester prudent, attentif aux positions et bien sûr au flop.

7-7 – Cette paire très moyenne, qui peut parfaitement se défendre lors d’un duel, a en revanche bien du mal face à plusieurs joueurs. De plus, une relance venant d’un adversaire placé avant vous peut éventuellement traduire une paire supérieure.

V10 assortis – Même si elle n’est classée que 21e, cette main est statistiquement la meilleure main de tirage : de très nombreuses possibilités de suite (7,8,9,10,V ; 8,9,10,V,D ; 9,10,V,D,R et enfin la grande suite 10,V,D,R,A), auxquelles s’ajoute une possibilité de tirage à la couleur. Et même de Royal Flush ! Seule la taille moyenne de cette main explique son classement.

A-8 assortis – Comme A,9 : l’As et la possibilité de couleur donnent toute sa force à cette main ; une force qu’il faut relativiser en raison d’un kicker très moyen.

K-9 assortis – Une belle main de tirage, suite comme couleur. Une belle hauteur, insuffisante toutefois face à un As, mais un kicker assez juste.

A10 dépareillés – La dernière main de la première moitié de ce classement. Une seule possibilité de suite, mais la plus haute, et un As supporté par un kicker tout juste honnête.

Ces mains valent évidemment « le coup » que l’on suive pour voir le flop, mais gare aux grosses relances. Ici, votre position sera déterminante : en début ou en milieu de parole, il sera plus avisé de suivre ; en fin de parole, il est possible de relancer si personne ne l’a fait. Attention toutefois aux petits malins qui n’attendaient que cela pour vous sortir un petit check-raise qui rendrait votre jeu difficile à négocier !


A consommer avec modération

Nous attaquons à présent le deuxième grand groupe des 50 meilleures mains. Si vous êtes à une table qui se révèle être très tight, il sera alors sans doute plus avisé de ne pas jouer ces mains, ou alors uniquement si vous êtes dernier de parole. Mais avez-vous vraiment envie de jouer à une table aussi serrée, et surtout, en avez-vous le niveau ? A consommer avec modération

27ème- 32ème : A-5 assortis, A-7 assortis, RV dépareillés, 6-6, 10-9 assortis A-4 assortis. Si l’on peut tout de même « caller » avec ces mains même dans des positions exposées (en particulier si le jeu pratiqué à votre table n’est pas trop « serré »), néanmoins, il est plus sage de se contenter de ne les jouer que dans des positions intermédiaires ou tardives.

33ème - 40ème : D-9 assortis, V-9 assortis, DV dépareillés, A-6 assortis, 5-5, A-3 assortis, R-8 assortis, R-10 dépareillés. Des mains qu’il est souvent plus sage de jeter si vous êtes dans les premiers à parler ( à l’exception de la paire de 5). Il sera en effet plus avisé de jouer l’une de ces mains en position intermédiaire ou tardive, quand il n’y a pas eu de surenchère précédant votre tour de parole.

41ème – 50ème : 9-8 assortis, 10-8 assortis, R-7 assortis, A-2 assortis, 8-7 assortis, D-10 dépareillés, D-8 assortis, 4-4, A-9 dépareillés, V-8 assortis. N’engagez vos jetons avec ces mains que dans des circonstances bien précises : une position très peu exposée, pas de relance… Par exemple, si vous êtes de petite blind et qu’il ne vous reste qu’à « caller » à hauteur de la Big Blind.


Maintenant que vous savez quelles mains sont plus ou moins jouables ; surtout, vous avez la notion que TOUTES les autres sont bonnes à jeter, sauf exception… ou fantaisie de votre part ! C’est déjà partir avec un net avantage sur les éternels débutants que vous ne manquerez de croiser aux tables où vous jouerez. Et si vous perdez néanmoins quelques coups sur des bad beat honteux, dites-vous bien que le poker est un jeu qui s’inscrit sur la durée : sur le long terme, le choix judicieux de vos mains et la technique viennent toujours à bout de quelques éclats de chance ou de malchance qui, par définition, ne sont qu’épisodiques.

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Dernière édition par lassalle1809 le Lun 13 Avr - 18:12, édité 1 fois
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Puce A-x, que vaux votre kicker ?

le Lun 13 Avr - 18:03
Flopper une paire d’As, c’est bien. Mais si vous n’êtes pas le seul dans ce cas, quid de votre kicker ? Pour éviter de perdre la tête et des piles de jetons pour une histoire de kicker, une solution simple : jeter ces mains à problème. Sauf dans quelques conditions particulières. Explications.


C’est à votre tour de parler. Vous ouvrez votre première carte : ça commence plutôt bien, c’est un As de Pique. Vous vous concentrez, le cœur légèrement battant, espérant découvrir, pourquoi pas un autre As, ou même un Roi, si possible de Pique lui aussi. Dommage, votre deuxième carte est un Trois de Cœur franchement décevant… Si les « beaux As » sont des mains très intéressantes, souvent relançables, que faire de cette semi-poubelle ? Car vous ne l’ignorez sûrement pas, pour l’avoir déjà vécu à de nombreuses reprises, les As accompagnés de kickers médiocres sont des mains à problèmes.

Quand la position le permet, que le pot n’a pas été relancé, la plupart des joueurs callent avec ces « mauvais » As. Mais c’est après que les soucis commencent. Que faire quand on a trouvé son As au flop, au milieu de cartes apparemment anodines ? On mise, bien sûr. Si personne ne l’a fait avant vous. Mais si un de vos adversaires, placé avant vous, a déjà misé ? Pire, si tout le monde checke avant vous, vous misez et que vous êtes relancé par un petit malin qui vous fait un check raise ? Qu’en déduire ? Que vous êtes en mauvaise posture, et ce dans tous les cas !

Plusieurs hypothèses sont alors envisageables :

- Ou votre adversaire, mal placé, s’est contenté de caller avec un As solide, et se retrouve maintenant obligé de faire un slowplay et donc de faire un check raise sur vous pour tester votre As ; c’est plutôt bien joué, il est ainsi fixé sur la force de votre jeu comme sur la sienne.

- Ou bien vous avez affaire à un joueur expérimenté, qui pense que vous tentez de voler le pot grâce à votre position ou qui a bel et bien lu la faiblesse de votre As, et qui saisit l’occasion pour vous revenir dessus ; là aussi, rien à redire, le coup est très bien joué !

Car en effet, la faiblesse de votre kicker est paralysante et ne vous autorise pas, en toute logique, à suivre. A moins que… Et si, après tout, vous aviez effectivement la meilleure main et qu’on voulait profiter de la relative faiblesse que vous avez affichée pour vous arracher le coup et vous forcer à jeter le jeu gagnant ? Pris dans ce dilemme, envahi par le doute et l’incertitude, vous décidez finalement de suivre malgré tout. Pour découvrir au showdown et sans grande surprise, que votre adversaire avait AtVk, une main effectivement trop moyenne pour être relancée en début de parole, mais suffisamment forte pour raiser un adversaire en fin de parole qui a un As avec un kicker de toute évidence médiocre.

Ce scénario, familier pour tous les joueurs de No Limit Hold’em, appelle un constat trivial : les As avec de mauvais kickers perdent toujours contre les As bien accompagnés. A moins de toucher leur deuxième paire au turn ou à la river, soit une occurrence d’environ 12% ; et encore faut-il que votre adversaire n’ait pas lui aussi trouvé sa double paire quelque part sur le board… Bref, inutile de trop compter sur le hasard et la chance pour gagner avec ces « petits As ». Faut-il pour autant toujours jeter ces mains ? Souvent, il le faudra. Mais pas toujours. Voyons celles qui méritent d’être jouées et dans quelles conditions.


Les petits As suités

De tous les « mauvais » As, les petits As suités sont largement ceux qui méritent le plus d’être joués, pour leur évident potentiel de couleur max. Toutefois, il faut d’abord que le pot n’ait pas été relancé pré-flop (ou du moins dans les limites du raisonnable), car il vous sera difficile d’assumer une grosse relance avec ce genre de main, tout spécialement si vous êtes hors de position. Par ailleurs, plus de joueurs sont impliqués dans le coup, grossissant ainsi le pot, le mieux c’est. Car vous avez ainsi une cote financière correcte pour suivre pré-flop, ainsi qu’une cote potentiellement intéressante dans le cas où vous toucheriez un tirage de couleur.
De plus, vous pouvez avoir des possibilités de semi-bluff en cas de tirage, où votre main s’avère néanmoins la meilleure même si vous n’améliorez pas. C’est typiquement le cas lorsque l’un de vos adversaires tire la même couleur que vous, à une hauteur forcément inférieure, et que la couleur n’est pas complétée. Dans la majorité des cas, vos mises respectives post-flop auront en toute logique éclairci le champ de bataille, vous assurant le tête-à-tête jusqu’à la fin du coup : vous ne craignez donc rien d’un tierce jeu.

Exemple : vous êtes quatre joueurs engagés dans un coup sans aucune relance pré-flop, et vous êtes dernier de parole, avec Ap6p. Le flop s’affiche : 7p4c2p. Plutôt alléchant pour vous, mais a priori rien de bien palpitant pour vos adversaires… à l’exception de l’infortuné joueur de grosse blinde, qui a trouvé Rp8p. Et qui croit qu’il a encore 9 Piques pour gagner, en plus des 3 Huit et des 3 Rois qui lui donnent une overpair ; soit 15 outs ! De quoi s’emballer un peu, en effet… Alors qu’en fait seules ses deux overcards sont « vivantes ». S’il ne touche pas l’un de ces 6 outs, vous remporterez le pot sur abandon, et si par bonheur un Pique venait au turn ou à la river, vous mettrez la main sur l’intégralité de son stack.

Parfois, la nature « assortie » de votre petit As peut neutraliser la faiblesse de votre kicker, ou du moins vous fournir une porte de sortie pour tenter des moves techniques avec quelque succès (le check raise en semi-bluff notamment). Imaginons par exemple que vous ayez Ac2c en position de grosse blinde, et que le flop se présente comme tel : Ak4c9p. Il vous est à peu près impossible de miser dans votre position, car n’importe qui avec un As en main vous bat forcément, et inutile de croire qu’en misant en tout début de parole, vous ferez passer des mains telles que A10 (ni même en dessous !), car le jeu est aujourd’hui beaucoup trop large et agressif pour espérer tomber sur des joueurs aussi serrés. Avec un peu de chance, tout le monde checke. Dans cette configuration, il vous reste à espérer que ce turn auquel vous avez eu droit gratuitement soit une carte à Cœur. Ainsi, même si vous n’avez certainement pas le meilleur As (quoique rien ne dit encore à ce stade du coup que vous ne soyez pas le seul à avoir la top paire), et même si un joueur slowplay un très gros jeu du type deux paires ou brelan, du moins avez-vous le meilleur tirage. Vous pouvez alors légitimement miser. Un adversaire ayant en main AR ou AD hésitera à vous relancer ici car, vu le déroulement du coup et l’absence de relances pré-flop comme post-flop, il aura du mal à situer son jeu et à être sûr d’avoir encore la meilleure main. S’il le fait néanmoins (et c’est d’ailleurs ce qu’il faut faire dans sa position), et que vous avez les bons pot odds pour suivre, allez-y : vous avez en théorie 12 outs pour améliorer votre jeu… les 9 Cœur restants et les 3 petits Deux. Bingo, la river est un Cœur ! Vous êtes alors en parfaite position pour faire un bon value bet des deux tiers du pot à son intégralité. Ou bien vous serez payé car votre adversaire pensera à un bluff de nécessité, seule façon en effet pour vous de sauver le coup avec un As médiocre, ou alors il vous abandonnera le pot. Dans un cas comme dans l’autre, vous ne pourrez pas vous plaindre de l’issue du coup ! Notez que cette attaque en semi-bluff peut parfois s’avérer payante même si vous avez A-x offsuit*. Si le flop ou les quatre premières cartes du board affichent trois cartes de la même couleur que votre As, vous pouvez attaquer le coup en semi-bluff, histoire de prendre la température. Si vous gagnez le coup arrêté, tant mieux. Sinon, ne vous entêtez pas. Car si un joueur a déjà la couleur, il vous fera payer très cher votre tirage. De plus, avec 3 cartes d’une même couleur sur le tapis, 2 autres dans la main de votre adversaire et encore une dans la vôtre, vous n’avez plus que 7 outs. Deux arguments qui devraient vous convaincre que vous n’aurez jamais une cote appropriée pour suivre dans cette configuration, et qu’il vous faut donc passer. Tout simplement.


Le kicker moyen pas médiocre, mais… gare !

Souvent, les joueurs débutants comme ceux de niveau intermédiaire s’emballent avec A8 ou A9 sur des flops où leur kicker est la plus grosse carte, des flops du type 8-3-5 ou 9-6-2 rainbow**. Ils croient avoir le coup dans la poche simplement parce qu’ils ont top paire/top kicker. Comme nous l’avons vu dans le dernier numéro de Live Poker dans l’article « As-Roi », AR est le genre de mains avec lesquelles, quand on floppe sa paire, on a toujours top paire/top kicker, et ce qu’on ait trouvé l’As ou le Roi. Ce n’est pas le cas avec A-x. Ici, il n’y a qu’une seule façon d’avoir top paire/top kicker. Or, ce n’est pas forcément le jeu le plus confortable, ni surtout le plus solide.

Imaginez que vous soyez au cut off*** avec A9 et décidez, dans un élan de largesse, de suivre une relance. Le flop affiche 9-x-y. Sans compter la possibilité qu’un de vos adversaires ait floppé un brelan, il est probable, étant donné la relance pré-flop, qu’un de vos adversaires ait une pocket pair (pourquoi pas les Dix ou les Valets), et un autre qui, avec ses overcards, serait tenté d’aller voir le turn sur un flop d’apparence si inoffensive. En toute logique, il faudrait donc que vous misiez gros pour protéger votre main. Mais que faire si on vous sur-relance – hypothèse plus que probable avec une grosse paire servie ? Vous pouvez difficilement envisager d’engager tous vos jetons dans un coup où votre jeu se résume à top pair Neuf… Car pour le gagner, il va vous falloir prier fort pour que votre adversaire tente un gros bluff !

Quoi qu’il en soit, vous ne pouvez pas et vous ne devez pas compter sur une erreur ou un bluff de votre adversaire. C’est le genre de coup intenable dans lequel il est nettement préférable de ne pas se laisser entraîner. Et la solution à cela est finalement assez simple : si le pot a été relancé, jetez vos mauvais As. Avant le flop – le plus tôt sera le mieux ! Et les As médiocres aussi. Car que vous ayez A9 ou A2, quelle différence si vous affrontez AR ou AD ? Aucune ! Pour sortir victorieux de la confrontation, il vous faut trouver votre kicker, et que celui-ci tienne jusqu’à la river. En somme, avec des mains comme A7, A8, A9, vous jouez non pas votre As mais votre autre carte. Plutôt stupide, non ? Les joueurs qui se méfient de leurs petits As comme de la peste ont un sérieux avantage sur les autres, car non seulement ils s’évitent des situations problématiques, mais en plus ils peuvent aisément tirer profit de ceux qui, eux, jouent et surjouent ces mains.


Les petits As, reflets des joueurs

Si vous parvenez à savoir de quelle façon vos adversaires jouent leurs As, bons ou mauvais du reste, vous en retirerez une mine d’informations extrêmement précieuse pour dresser leur profil. Sans doute aurez-vous même les clés de leur jeu tout entier. Car la façon de jouer ses As, selon qu’ils sont accompagnés d’un bon ou d’un mauvais kicker, selon qu’ils sont assortis ou non, définit en grande partie le style un joueur. Votre adversaire ne joue-t-il ses petits As que s’ils sont suited**** ? Peut-il relancer en milieu de parole avec un As moyen ? Ou bien ne s’engage-t-il qu’avec des As musclés du type AV ou mieux ? Cette dernière information, en particulier, a son importance. Primo pour ne pas vous embourber dans un coup contre lui avec un As médiocre. Secundo, pour le bluffer dans le cas où le flop n’affiche que de petites cartes, auquel cas il pourrait être tenté d’abandonner ses overcards si vous misez. Tout ceci bien sûr dans l’hypothèse où vous savez à qui vous avez affaire. Car certains joueurs sont des adeptes inconditionnels du continuation bet et ce quel que soit le flop, d’autres encore n’hésitent pas à payer une enchère avec AR sur un flop blanc dans l’espoir de trouver une paire au turn. Bref, étudiez attentivement dans quelle mesure et de quelle façon vos adversaires jouent ou pas leurs petits As, et vous saurez très facilement si vous avez en face de vous un joueur mauvais ou au contraire un joueur fin et subtil, un joueur large, serré, agressif etc.
Mais de la même façon, les plus malins parmi vos adversaires utiliseront le même filtre pour vous analyser. D’où un dilemme. En effet, nous l’avons vu, la meilleure façon de jouer ses mauvais As, c’est, en toute rigueur, de les jeter. Mais alors vous deviendriez un livre ouvert pour vos adversaires. Et pour parer à cela, pour se montrer imprévisible et insaisissable, vous devez varier votre jeu, les mains que vous jouez et votre façon de les jouer. Mieux, jouer des mains différentes de la même façon. Ceci inclut jouer ses petits As comme les gros, mais sous certaines conditions seulement:

- La première, évidente, est d’avoir la position sur votre adversaire. Nous ne dirons jamais assez à quel point la position est essentielle au No Limit Hold’em. Un mauvais As en dernier de parole est nettement moins exposé qu’en début de parole. Car si votre adversaire checke sur un flop avec un As, vous pouvez tenter une mise « test », du tiers à la moitié du pot, destinée à vérifier s’il a lui aussi la top pair, ou si le malheureux vient de voir ses Rois réduits en miettes. Si vous êtes relancé, il est plus sage de fuir. S’il suit, espérez un autre check au turn pour voir gratuitement la river. Et s’il passe… tant mieux ! Ceci étant dit, même avec la position, il vaut mieux ne jouer ces mains que dans un pot qui n’a pas été relancé.

- La seconde, si votre AX est assorti. Non pas que cela confère à votre main une valeur ajoutée inestimable. En effet, deux cartes assorties n’ont que 3% de valeur supplémentaires par rapport aux deux mêmes cartes dépareillées ; et une main suited ne termine en couleur que dans 3% des cas : inutile de dire que ces pourcentages sont insuffisants pour transformer un fold en call. Néanmoins, ils suffisent pour établir une méthode de sélection de vos mauvais As qui rende votre jeu varié et imprévisible.

Si vous jetez tous vos A2 et A3 offsuit mais suivez ou même relancez, en position, avec de petits As suités, vous avez alors juste ce qu’il faut de consistance pour un jeu solide, et juste ce qu’il faut de fantaisie pour être imprévisible. La meilleure façon de faire croire à ses adversaires que, quand on est impliqué dans un coup, on a du « lourd ».

Au final, n’oubliez pas qu’AX est une main de tirage. Quand vous avez Ac7c, vous jouez bien plus la couleur que l’As. Quand vous avez A2, A3, A4 ou A5, vous cherchez davantage à toucher une quinte qu’un As. Et dans tous les cas, avec un petit kicker, vous espérez trouver deux paires. C’est l’une des meilleures configurations dans laquelle vous puissiez vous trouver avec un mauvais As. Moins voyant qu’une suite ou une couleur, ce jeu camouflé est idéal quand vous avez la position et quand vous pensez que votre adversaire est susceptible de vous payer le prix fort avec son gros As. Gare toutefois à l’emballement. Car même avec deux paires, vous n’êtes pas à l’abri d’une mauvaise surprise. Car sur un flop du type A-3-V, si vous avez A3, c’est bien, mais rien ne garantit que votre adversaire n’a pas AV… Et même si vos deux paires sont gagnantes au flop, un adversaire avec AR vous suivra certainement jusqu’à la dernière carte et pourra trouver un Roi en cours de route. En tout état de cause, avec deux petites paires à l’As, vous devez être prudent si des figures venaient à garnir le board, car vos deux paires risquent fort de ne plus s’avérer suffisantes. Et là, désastre garanti…

* Offsuit : dépareillés

** Rainbow : de trois couleurs différentes

*** Cut Off : la position qui précède le bouton

**** Suited : assortis

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Puce Le continuation bet

le Lun 13 Avr - 18:05
Que faire quand on a pris l’initiative de la relance pré-flop avec une main forte mais que l’on rate son flop ? Une technique très populaire consiste à miser en bluff en espérant remporter le coup arrêté : c’est le continuation bet. Coup très efficace et particulièrement utile, il perd de sa substance s’il est réalisé dans de mauvaises conditions ou de façon trop prévisible. Et méfiance, vos adversaires le manient sans doute aussi !


Vous avez le bouton, et vous relancez pré-flop après avoir découvert un AR assortis, très bonne main d’autant plus que vous aurez la position tout le long du coup. Le joueur en position de small blind se couche et le joueur à la big blind suit. Le flop n’est malheureusement pas au rendez-vous : 2k5t9p. Votre adversaire checke. Que faites-vous ? C’est probablement le moment idéal pour essayer de voler le pot en misant pour continuer à représenter une bonne main après votre relance pré-flop.

Car il faut savoir que lorsque vous relancez avant le flop avec une main qui n’est pas une paire, 2 fois sur 3, vous ne toucherez aucun jeu sur le flop. Il est donc primordial de savoir gérer cette situation le plus efficacement possible. Le continuation bet est l’arme fatale que vous devez posséder dans votre arsenal. Cette technique, classique mais incontournable, consiste à garder l’initiative prise pré-flop en continuant à miser sur le flop alors même qu’on l’a manqué. Pour pouvoir être appliqué, deux conditions sont toutefois nécessaires : personne n’a misé avant vous après le flop et vous avez la position du dernier relanceur.

En misant ainsi, vous mimez une grosse paire cachée, ou du moins vous obligez votre adversaire à penser que vous avez au moins floppé la top pair.

Quand vient votre tour de parler, vous faites alors une mise comprise entre 40% et 70% du pot en espérant gagner le pot tout de suite. Prenons l’exemple d’une mise de la moitié du pot pour observer la clef de la réussite de ce coup. Si le pot est de 100, et que vous faites un continuation bet de 50, le coup devient rentable pour cette situation donnée s’il marche au moins une fois sur trois. En effet, vous perdrez 50 les 2 fois où il ne marchera pas, et gagnerez 100 la fois où il marchera, pour un le résultat total finalement équilibré. Et vous pourrez gagner de l’argent quand vous toucherez effectivement une bonne main sur le flop (voir encadré). Il suffit donc que le continuation bet porte ses fruits 1 fois sur 3 pour équilibrer ses pertes ; au-delà, le coup devient même carrément rentable.

On pourrait être tenté de faire des continuation bets encore plus petits pour diminuer le taux de réussite nécessaire à rendre le coup rentable. Cependant, ces « micro » bets ont le désavantage de donner des cotes trop favorables aux mains à tirage, et ne mettent pas une pression suffisante sur vos adversaires qui auraient un petit jeu. Le but du continuation bet est de gagner le coup tout de suite et cet objectif ne sera atteint qu’avec une mise substantielle.

Voilà pour la théorie, mais la pratique est légèrement plus complexe. Car pour réaliser un continuation bet gagnant, il faut considérer un certain nombre de facteurs liés à la situation et réunir les conditions les plus favorables à la réalisation de ce coup.


Texture du flop et adversaires

La texture du flop est une donnée fondamentale que vous devez apprécier en permanence, et elle doit être l’élément central de votre analyse dans le cas particulier du continuation bet. On dit que le flop a une bonne texture quand il y a peu de chance qu’il ait donné une bonne main à votre adversaire, et qu’il a une mauvaise texture dans le cas contraire. Sachant que les mains jouées de préférence par la majorité des joueurs sont les grosses cartes, les cartes assorties et les cartes connectées, il faut donc se méfier particulièrement des flops qui peuvent s’accorder avec de telles mains.

Des flops de type Q-8-3 rainbow* se prêtent très bien à des continuation bets quelle que soit la main avec laquelle vous avez relancé pré-flop. Vous pouvez craindre que votre adversaire ait une dame, mais il est plus probable qu’il n’en ait pas, auquel cas il aura beaucoup de mal à suivre votre mise sur le flop. Des mains comme 77 - J10 - AJ se coucheront la plupart du temps. En revanche, des flops comme A-K-Q ou J-10-9 sont extrêmement risqués et méritent plus de prudence.

Il faut également apporter une extrême attention aux caractères et aux profils de vos concurrents. Le continuation bet doit faire partie de votre jeu mais ne doit pas être appliqué systématiquement sans considération du style de jeu des adversaires. Car ce move est une sorte de bluff ou de semi-bluff, qui se trouve être complètement improductif face à des calling stations (terme anglosaxon consacré pour des joueurs passifs qui misent rarement mais suivent toutes les enchères dès qu’ils ont un petit jeu ou un tirage, sans se soucier de la cote financière ou du jeu adverse). Si vous savez que votre adversaire ne se couchera pas, attendez d’avoir une bonne main pour miser.

Vous devez aussi tenir compte du niveau de jeu de vos adversaires. En effet, le continuation bet est un coup qui fonctionne moins bien face à des joueurs expérimentés car ils le connaissent et savent y répondre quand ils le subissent. Plus vos adversaires sont forts, plus vous devrez ruser pour rendre indétectables vos techniques et stratégies…


Ne pas être trop prévisible

La première façon de camoufler vos continuation bets est simple : elle consiste à ne pas miser le même montant à chaque fois. Si vous misez toujours exactement les deux tiers du pot pour vos continuation bets, il y a fort à parier que vos adversaires vont s’en rendre compte et utiliser cette information soit pour vous bluffer, soit pour slowplayer leurs bonnes mains sachant que vous allez miser. Si vous faites cette erreur et qu’ils ne s’en aperçoivent pas, surtout ne changez pas de table, ce sera une bonne partie !

Ensuite, un peu de discipline : il faut aussi miser des montants semblables quand vous touchez votre main, quitte à donner parfois des cotes plus avantageuses à vos adversaires. Car si vous misez le pot quand vous touchez une main et la moitié du pot quand vous manquez le flop, autant jouer avec vos cartes découvertes…

Enfin, il ne faut pas le faire systématiquement quand le flop ne vous est pas favorable. On a vu que la texture du flop joue un rôle très important dans le processus de décision, et faire trop de continuation bets sur des flops à mauvaise texture sera fatalement préjudiciable à votre portefeuille.

Le meilleur indicateur à suivre est la résistance que vous rencontrez face à vos continuation bets. S’ils ne produisent pas le rendement attendu, vous devez déterminer si vos adversaires touchent tout simplement leur jeu – ce qui parfois arrive pendant une longue période… –, ou si vous laisser transpirer des informations qui leur permettent de savoir que vous êtes en train de bluffer.


Gare aux abus

Le continuation bet fonctionne souvent très bien, si bien que l’on pourrait être tenté d’en abuser et de l’appliquer sans considérer toutes les options à disposition. Par exemple, supposons que vous avez relancé pré-flop avec AJ sur le bouton et un joueur suit. Le flop vient K-10-3 et votre adversaire checke. C’est un bon joueur, capable de tendre des pièges mais aussi de bluffer. Il faut peut-être envisager à ce moment-là de prendre une carte gratuite et tenter votre tirage ventral pour la quinte. Il ne faut pas exclure le continuation bet, mais prendre en compte le risque de se faire relancer et perdre ainsi une opportunité de taper votre main. Dans tous les cas, votre décision devra être basée sur des situations identiques passées, la qualité de votre adversaire, ainsi que l’ambiance de la table à ce moment précis de la partie.

Il faut également inclure dans l’équation l’image que vous projetez. Plus vous êtes actif sur la table, plus vos continuation bets seront contestés. Si vous venez de gagner plusieurs mains sans montrer votre jeu, vos adversaires vont devenir particulièrement suspicieux, même si vos mains étaient excellentes (mais cela, vous êtes seul(e) à le savoir !).

Finalement, l’essentiel est de rester imprévisible pour empêcher vos adversaires de lire votre jeu. Et le meilleur moyen de le leur dissimuler est de jongler avec différentes stratégies et tactiques au cours de la partie.


Les défenses face à un joueur qui le pratique

A l’inverse, il faut savoir quand et comment avoir se défendre face à un continuation bet. Il a très bien été expliqué et rendu populaire par Dan Harrington (voir encadré) et c’est le coup de « professionnel » le plus répandu.

La première chose à faire est d’identifier les joueurs adeptes du continuation bet. Pour cela, soyez particulièrement attentif aux joueurs qui relancent très souvent pré-flop. En effet, si un joueur ne relance que très rarement avant le flop, c’est qu’il est très sélectif et ne joue que des mains de premier ordre – certains joueurs ne relancent qu’avec AA, RR, DD, et AR. Ils miseront alors très souvent sur le flop car ils n’auront a priori pas besoin d’améliorer leur main, ce qui ne qualifie donc pas pour un continuation bet.

En revanche, un joueur agressif, qui relance régulièrement avant le flop et mise en continuation sur le flop plus de la moitié du temps pratique très vraisemblablement le continuation bet. Evidemment, plus fréquemment il mise après le flop, plus grande est la probabilité qu’il n’ait rien touché quand il mise. Deux cas se présentent alors:

- Si vous n’avez pas la position, vous allez parler avant le relanceur. Vous pouvez miser avant lui et l’empêcher ainsi de faire son continuation bet. S’il a manqué le flop, sa seule option sera alors le bluff pur après une mise, ce qui le mettra dans une position très inconfortable.Mais si vous pensez avoir une bonne lecture du jeu adverse, la meilleure solution sera le check raise en bluff ou semi-bluff. Les semi bluffs sont très efficaces face à un joueur qui pratique beaucoup le continuation bet et vous augmenterez grandement vos chances de remporter des coups avec vos mains à tirage en les jouant très agressivement en réponse à ce type de mises.

- Mais si vous parlez après le relanceur, vous pouvez soit le raiser juste après le flop, soit suivre sa mise sur le flop que vous pensez être un continuation bet. A moins d’être un joueur très élaboré, il checkera au turn et vous pourrez voler le pot à ce moment-là.

Pour conclure, rappelons que par essence, le continuation bet est un bluff. Pour fonctionner, il faut que vos adversaires perçoivent les signaux que vous leur lancez intentionellement. Vous représentez de la force avant et après le flop pour les faire passer. Si vous faites face à des joueurs qui ne prêtent pas aucune attention à ces informations et qui ont tendance à suivre très souvent, n’essayez pas de les manipuler et de les dominer par des techniques qu’ils ne percevront pas. En revanche, des joueurs plus attentifs et plus serrés seront vos cibles préférées. Attention tout de même aux joueurs très expérimentés qui décèleront vos manigances et risquent de vous revenir dessus en retournant contre vous vos propres armes.

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le Lun 13 Avr - 18:07
Comment jouer un maniaque


Dans le jargon du poker, le maniaque est un joueur ultra-agressif qui mise et relance tout le temps, quelle que soit sa main. Bien qu’il perde de l’argent sur la durée, ce genre de joueur peut se révéler un adversaire redoutable et très difficile à gérer. Et même s’il est toujours un peu risqué de se frotter à un maniaque, une stratégie adaptée vous permettra néanmoins de tirer avantage de ces confrontations.


Vous venez de vous installer à une table et vous ressentez tout de suite une excitation et une tension inhabituelles. Vous ne tardez pas à vous apercevoir que ce malaise ambiant et palpable est causé par un joueur particulièrement actif : il semble ne se soucier ni des autres joueurs, ni de sa position, ni même de ses cartes. Il mise tout le temps, et quand quelqu’un relance avant lui, il surenchérit systématiquement. Vous pensez tout de suite qu’en jouant comme ça, il ne va pas faire long feu. Mais comment tirer rapidement le maximum de profit de la situation sans se brûler les ailes ? Pour mettre au point un plan de bataille adéquat (car c’est bien de cela qu’il s’agit), il faut d’abord comprendre qui est le maniaque, et comment il fonctionne.

Le maniaque est un joueur extrêmement actif qui mise et relance à une fréquence très (trop !) élevée. Il ne connaît pas (ou ignore délibérément) le concept de sélection des mains de départ, et se retrouve très souvent impliqué dans de gros pots avec des mains très marginales, ce qui ne le ralentit pas pour autant. Il peut miser ou sur-relancer pré-flop avec R7, A3, DV, ou des petites paires. S’il n’a pas été relancé pré-flop, il misera au flop quelle que soit sa main et quel que soit le tableau, et vole ainsi beaucoup de pots. Consciemment ou pas, il compte sur la folding equity*, souvent, avec succès. Il est capable de bluffer à n’importe quel stade du coup, sur le flop, le turn et même à la river ! S’il a la position sur vous, il interprétera le plus souvent vos actions comme des marques de faiblesse et misera après un check ou relancera vos mises.

Même si les maniaques perdent de l’argent sur la durée, il n’est pas sans risque de les affronter. En effet, le pot moyen est beaucoup plus élevé quand un maniaque se trouve à votre table. Vous devrez mettre plus de jetons en jeu pour participer à une main. Ils feront augmenter votre volatilité, entraînant une forte variance dans les résultats, ce qui peut être préjudiciable aux petits bankrolls, qui auront plutôt intérêt à les éviter. Mais le jeu en vaut la chandelle si vous en avez les moyens car le maniaque est une source de profit conséquente, à condition d’adopter la bonne stratégie pour le contrer.

Enfin, faites attention à ne pas confondre un bon joueur très agressif avec un maniaque. Certains bons joueurs se sont même fait une spécialité de passer pour des maniaques. Mais même si leurs actions sont proches de celles du maniaque, leur ils sauront se sortir des mauvais coups au bon moment en perdant le minimum. Et quand les pots deviennent très gros, s’ils sont toujours dans le coup, ils ont la meilleure main… contrairement aux maniaques.


« Forces » et faiblesses du maniaque

Pourquoi un joueur adopterait-il un comportement de maniaque, pourtant voué à l’échec ? Sans aborder en profondeur les aspects psychologiques qui le poussent à jouer de la sorte, cette « stratégie », qui relève davantage de la compulsion que d’une quelconque tactique prédéfinie, peut lui donner l’illusion d’être efficace. Tout d’abord, il ne faut pas oublier que le maniaque est un flambeur dans l’âme. Ensuite, son style de jeu lui donne l’impression de contrôler et même de dominer la table. Il arrive d’ailleurs que lorsqu’il ne rencontre pas de réelle opposition, il la domine effectivement. Le maniaque aime être intimidant, et il est très difficile de jouer contre lui de par la tension créée par ses relances permanentes, qui asphyxient les joueurs plus classiques. Il est aussi extrêmement difficile de savoir ce qu’il a puisqu’il joue toutes ses mains de la même manière ! Vous pourrez avoir le sentiment de détenir une meilleure main que lui (et ce sera souvent le cas), mais il sera difficile de mettre tout votre tapis en jeu avec des mains beaucoup plus faibles qu’à votre habitude pour le vérifier. A l’inverse, quand il détiendra un monstre, il a de fortes chances d’être invisible et d’être payé jusqu’au bout !

Mais sa seule vraie force, l’unique en réalité, est la peur qu’il pourra vous inspirer, vous faisant perdre vos moyens si vous n’êtes pas prêt.

L’autre raison principale qui explique qu’un maniaque ne change pas sa façon de jouer est que quand il gagne, il s’agit généralement de montants élevés en comparaison des limites auxquelles il joue. Et l’euphorie de ces victoires significatives et souvent pleines de panache lui procurent une poussée d’adrénaline qui l’électrisent, lui faisant rapidement oublier ses pertes passées.

Mais les faiblesses du maniaque sont criantes et sa stratégie est perdante dans la durée. S’il est difficile de savoir ce qu’il a puisqu’il joue toutes ses mains de la même manière, la plupart du temps, il n’a rien ! C’est un bon point de départ pour le battre non ?

Son absence de sélection de main de départ lui fait investir beaucoup d’argent pré-flop avec des mains marginales qui ne peuvent s’avérer rentables sur le long terme.

D’autre part, si le maniaque aime relancer très fréquemment, il a en revanche horreur de se faire reraiser. Car à la bagarre que cela augure, lui préfère largement la victoire par K.O… Mais le pire, c’est que son jeu, si dérangeant soit-il, reste stéréotypé : il n’a qu’une seule façon de jouer et ne varie jamais.

Une fois que vous avez pris la mesure de ce type d’adversaire, vous pourrez l’affronter froidement, méthodiquement même. Car voilà, leurré par l’image qu’il a de lui-même – puissant, courageux, dominant –, le maniaque ne se remet en général pas en question et ne cherche pas à progresser.


La stratégie à adopter : défense et attaque

Quand on joue face à un maniaque, il y a une chose qu’il ne faut surtout pas faire, c’est jouer de façon passive ! Evitez de limper en début de parole avec des mains moyennes telles que A3 ou 6-7 dépareillés, mains que vous serez obligé de coucher face à une relance – inévitable – du maniaque. De même, mieux vaut ne pas suivre les mises du maniaque pré-flop avec des mains à tirage comme des connecteurs. Vous serez obligé de les coucher lorsqu’il y aura des sur-relances après vous, et vous serez en grande difficulté lorsque vous trouverez un tirage ou une petite paire sur le flop car un tel adversaire misera beaucoup dans tous les cas.

Face au maniaque, il faut défendre ses mains, pour mieux le réattaquer en retour. Comme il relance pré-flop avec des mains souvent marginales, inutile d’attendre trop longtemps la paire d’As pour se frotter à lui ! Au contraire, vous devez élargir le range de mains avec lesquelles vous l’attaquerez. Par exemple, AV ou 88 deviennent des mains avec lesquelles vous pouvez sur-relancer un maniaque (elles sont en effet meilleures que la majorité des mains qu’il relance), alors que face à des joueurs plus serrés, il convient la plupart du temps de se contenter de suivre, voire de passer. En jouant de cette manière, vous essayez d’atteindre deux objectifs simultanés. Le premier est de faire mettre au maniaque le plus d’argent possible alors que vous avez la meilleure main, sachant aussi que votre cote implicite, contre lui, se trouve décuplée.

L’autre objectif est d’isoler le maniaque. On pourrait appeler cette tactique l’endiguement par le reraise. Il faut en effet vous débarrasser des joueurs plus forts ou avec des mains moyennes mais à fort potentiel pour pouvoir tirer le plus de profit possible de votre proie sans risquer de vous faire piéger par les autres.

Le slowplay, qui est une technique très lucrative face aux joueurs agressifs, devient l’arme absolue face aux maniaques. Lorsque vous slowplayez un joueur sans avoir la position, et après avoir checké, le plus gros risque consiste à voir votre adversaire faire de même. Avec un maniaque, pas de danger. Le piège se refermera sur lui sans effort. Il interprétera toujours votre check comme une marque de faiblesse et misera pour essayer de voler le pot. Le risque de donner une carte gratuite à une main à tirage inférieure à la votre disparaît quand un maniaque est dans le coup. Vous devez aussi diminuer vos standards pour slowplayer. C’est le seul genre de joueur avec lequel slowplayer la top paire devient suffisamment profitable par rapport aux risques encourus. Cette stratégie du slowplay intègre des moves plus pointus, et notamment le New York Back Raise (voir Live Poker 11), imparable contre le maniaque !

Vous devez encore affiner cette stratégie globale faite d’attaque et d’embuscades en fonction de la position que vous occupez par rapport au maniaque. Car ici, le choix de la place à la table devient plus crucial encore que d’habitude : être à la droite ou à la gauche d’un maniaque présente des avantages et des inconvénients que vous devez connaître, car ils auront une incidence primordiale sur votre stratégie.

Pré-flop, être à sa gauche est un avantage car vous serez dans une position idéale pour l’isoler. Vous aurez plus souvent l’occasion de le sur-relancer après ses mises, et il sera difficile pour un autre joueur d’entrer dans un pot après deux relances, voire plus si le maniaque puis vous-même relancez encore à tour de rôle. Après le flop, vous aurez la position par rapport au maniaque, ce qui sera un avantage indéniable quand vous aurez réussi à l’isoler. Il est à noter que dans cette position, vos blindes seront mises à rude épreuve puisque le maniaque les relancera systématiquement. Si c’est une situation que vous n’aimez pas ou ne savez pas gérer, laissez quelques places entre vous.

Si vous vous trouvez à droite du maniaque, vous serez alors plus à même de lui tendre des pièges, ainsi qu’aux autres joueurs. Vous pourrez checker vos gros jeux avec la quasi-certitude que le maniaque misera, et le relancer. Lui, mais aussi tous les autres joueurs qui l’auront suivi et qui n’ignorent pas non plus qu’il est capable de miser avec rien, alors qu’ils n’auraient pas suivi une mise initiale de votre part. En revanche, vous aurez beaucoup plus de mal à l’isoler et la présence d’autres joueurs entre le maniaque et vous vous empêchera de le manipuler aussi efficacement que si vous étiez juste à sa gauche.

Enfin, même si le maniaque doit être votre principal centre d’attention, restez néanmoins vigilant aux autres joueurs de la table. Car si vous avez identifié le maniaque, vous n’êtes sûrement pas le seul ! Certains joueurs se rendront compte de votre tactique visant à l’isoler et prendront alors avantage de cette information. Veillez à être discret dans la mise en œuvre de votre plan et à être toujours conscient de l’image que vous projetez.


De l’importance de l’image

En effet, la perception que les autres joueurs ont de vous est primordiale dans votre façon d’aborder une partie. Et si par hasard vous l’ignorez encore, reportez-vous à l’article pp. 70-74 ! Mais revenons à notre maniaque. Si vous jouez contre lui de façon agressive tout en sélectionnant soigneusement vos mains et en déployant toutes vos armes après le flop, il y a de grandes chances pour que vous dominiez tôt ou tard la table après lui avoir infligé une sévère déculottée. Vous serez reconnu comme un joueur de qualité, à la stratégie bien rôdée, qu’il ne craint pas d’appliquer même lorsque les montants en jeu sont importants. Vous pourrez alors tirer profit de la situation en prenant le contrôle de la table.

Si vous constatez au contraire que la table vous considère maintenant comme étant trop loose (ils vous ont vu sur-relancer le maniaque avec des mains moyennes comme AV ou paire de Sept), réadaptez votre stratégie en conséquence et resserrez votre jeu. Il y a fort à parier que les joueurs (ou du moins la majorité d’entre eux) ne se rendront pas compte de ce changement de tactique et vous en ressortirez encore plus gagnant.

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le Lun 13 Avr - 18:08
Connaître les probabilités de base


Il est très important d’évaluer les chances de gain de votre main de départ, car avec l’expérience, vous parviendrez parfois, grâce aux seules enchères, à deviner avec précision les cartes d’un adversaire.


Voici quelques chiffres approximatifs à retenir :

Une paire contre deux cartes supérieures

DD vs AR

55% 45%

22 vs AR

50% 50%

Il est intéressant de constater que AR est une main « tout-terrain » qui est le plus souvent favorite et n’est jamais très désavantagée, sauf contre AA (7% de chances de gain si l’As et le Roi sont dépareillés, 11,5% s’ils sont de la même couleur), et dans une moindre mesure contre RR (30% de chances dans le premier cas, 34% dans le second).


Une paire contre deux cartes inférieures :

AA vs 7-2

88% 12%


Une paire contre une carte supérieure et une carte inférieure :

RR vs AD

70% 30%


Une paire contre une paire inférieure

AA vs 10-10

81% 19%


Si aucun des deux joueurs n’a de paire

AR vs V10

63% 36%

AD vs RV

60% 40%

A10 vs RD

60% 40%


Ces pourcentages ne sont qu’approximatifs et varient légèrement au cas par cas, notamment selon que les deux cartes sont de la même couleur ou pas, et selon qu’elles sont plus ou moins connectées pour les possibilités de quinte.

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le Lun 13 Avr - 18:09
Comment jouer les grosses paires ?


Les Paires d’As, de Rois, de Dames sont des mains très fortes avec lesquelles il faut savoir doser ses relances pour minimiser les risques d’être battu par des mains inférieures tout en tâchant d’extraire le maximum des bons jeux susceptibles de payer. Mais quid des Valets ?


On joue quelquefois des heures entières juste pour l’émerveillement de découvrir l’une de ces mains exceptionnelles que sont les paires d’As, de Rois, de Dames et, dans une moindre mesure, la paire de Valets. Statistiquement, vous avez 0,45% de chances d’ouvrir une paire spécifique, en l’occurrence ici une de ces paires, soit une fois toutes les 221 mains (voir page Statistiques). Donc, en théorie, vous recevrez l’une de ces 4 paires spécifiques environ une fois toutes les 55 mains (221/4 = 55,25). Soit à peine 6 tours d’une table pleine de 9 joueurs ! On ne jurerait pas, et pourtant…

Mais quand ces paires pointent le bout de leur nez, surtout pas d’emballement et pas de précipitation. Car ces oiseaux rares sont souvent l’occasion de réaliser un profit substantiel, pour peu que l’on prenne le temps de réfléchir à la meilleure façon de les jouer en fonction de sa position, de son tapis et de la table. Or, les débutants (et quelques autres) sont si souvent terrorisés à l’idée de voir leurs As et autres grosses paires « brisés » par des mains de départ très nettement inférieures qu’ils font des relances démesurées (le fameux overbet), si bien qu’ils ne récoltent plus que les blindes. Dommage, non ? Le pendant inverse n’est d’ailleurs pas moins fréquent : par peur de n’être pas suivi, certains ne relancent pas pré-flop, ou alors font des relances si timides qu’elles sonnent comme une invitation ! Loin de toute stratégie, ces deux types de comportement relèvent de l’émotion pure : les très grosses paires sont une telle rareté qu’on ne veut pas les « gaspiller ».

Il existe bien entendu un juste milieu entre ces deux approches extrêmes et aussi maladroites l’une que l’autre. Voyons donc comment jouer ces paires de la façon la plus profitable possible, et dans quelle mesure il est judicieux ou pas de faire un slowplay avec ces mains de tout premier choix. Nous tenterons également de savoir s’il faut considérer la paire de Valets comme une grosse paire ou plutôt comme une paire intermédiaire.


AA, American Airlines

La meilleure main de départ possible au Hold’em. 94,1% de chances de l’emporter face à AR, 89% face à deux cartes inférieures, 82% face à une autre paire et enfin 77% de chances de gain face à deux petits suited connectors ! Les chiffres sont éloquents, la paire d’As est l’écrasante favorite de n’importe quelle confrontation. Et si elle peut supporter un rival supplémentaire, les choses se compliquent sérieusement dans un match à quatre joueurs, et les chances de la paire d’As chutent de façon notable. C’est pourquoi, si grande soit la tentation d’attirer le maximum de clients dans le coup et de faire un slowplay avec votre paire d’As, n’y succombez pas : relancez avant le flop. Car un accident est vite arrivé… Par exemple, en ne mettant pas hors course la grosse blinde qui, avec 6-7 dépareillés et un flop 4,5,8 sans tirage couleur, vous vous exposez à laisser filer tout votre tapis (presque) sans vous méfier. Donc, la relance pré-flop vous permet de chasser les mains moyennes et de tirage, qui peuvent vous faire très mal quand elles touchent, tout en vous assurant de conserver l’avantage originel de vos As.

Outre ces aspects « préventifs », une relance pré-flop digne de ce nom (3 à 4 fois la surblinde) a aussi pour objectif de grossir le pot que vous vous apprêtez à remporter. Car en toute logique, si votre relance est substantielle, vous ne devriez être payés que par des mains solides par une belle paire (Dix et au-delà), ou par de gros suited connectors du type RD assortis. Dans la majorité des cas, vous affronterez donc un à deux adversaires, rarement plus ; contre lesquels vous êtes favori avec le type de mains évoquées, et qui risquent fort de payer toutes vos mises si le board est inoffensif pour le détenteur de la paire, ou si les gros connectors ont trouvé leur top pair.

Et si personne ne suit votre relance pré-flop, cela ne peut vouloir dire que deux choses. La première, la plus triviale, est tout simplement que personne n’avait un jeu qui méritait que l’on vous suive ; et, aussi frustrant que ce puisse être de ne ramasser que les blindes ou les mises de quelques limpers, dites-vous bien que vous sentiriez autrement plus lésé si votre paire d’As perdait contre une main du type 7-8 ou 9-10 dépareillés ! La seconde, que vous relancez trop rarement pour ne pas être « grillé » quand vous le faites. En d’autres termes, cela signifie que vous êtes frileux et prévisible. Ce qui n’est jamais bon au poker !


KK, King Kong

Tout comme la paire d’As, la paire de Rois ne supporte pas trop de compagnie. Il vous faut donc restreindre le champ d’action en relançant avant le flop (toujours au minimum 3 fois la surblinde), et ce depuis n’importe quelle position. Si vous avez plusieurs limpers avant vous, votre relance doit être plus importante encore car une cote intéressante pourrait finir par allécher beaucoup trop de monde à votre goût. Si vous êtes dans les premiers de parole et que vous subissez une sur-relance, ripostez en sur-relançant à votre tour ; de même, si un joueur parmi les premiers de parole relance, n’hésitez pas à le sur-relancer. Car il est à peu près sûr qu’à ce stade, vous avez la meilleure main de départ (bien sûr, les rencontres-catastrophe AA vs RR existent, mais elles sont somme toute assez rares).

Et tout comme la paire d’As, la paire de Rois est une main idéale pour « attraper » les jeux du type top pair/top kicker. Ainsi, si vous êtes callé par une un joueur ayant AV assortis et que le flop est V-x-x, votre adversaire aura le sentiment d’avoir le meilleur jeu. C’est ici que le slowplay prend tout son sens. Car il vous suffit de laisser votre adversaire mener la danse, de lui donner l’illusion qu’il a le meilleur jeu pour finalement le cueillir en lui tombant dessus au turn ou même à la river. Passé l’effet de surprise, il pensera à un bluff de nécessité ou se dira qu’après tout ce qu’il a investi dans le coup, il ne peut décidément pas se coucher avec ce qui est, somme toute, un bon jeu. Dans un cas vous lui prenez tout, dans l’autre vous le forcez à réaliser un fold difficile et pénible.

Mais le problème avec la paire de Rois, c’est qu’elle s’effondre face à un As. Or, typiquement, votre relance sera suivie par les joueurs ayant une paire, mais aussi par des mains du type AR, AD, voire AV. Et même si vous êtes largement favori face à ces mains (70/30), si un As venait à tomber au flop, vous êtes battu. Mais attention ! Cela ne signifie pas qu’à chaque fois qu’il y a un As au flop votre paire de Rois ne vaut plus rien. D’abord parce que vous pouvez toujours toucher un Roi (si, si, ça arrive). Ensuite et surtout parce que rien ne dit que votre adversaire a un As en main ! Il peut avoir suivi avec une paire inférieure, une main de tirage du type 10V assortis… Si vous lui faites sentir que l’As vous effraie, alors il lui suffira de vous bluffer. Mais si vous « sentez » qu’il a un As, alors laissez tomber et jetez votre paire de Rois sans remords et surtout sans un centime de plus. La meilleure façon de savoir si votre adversaire a un As ? La mise au flop. Si vous êtes premier de parole, misez par exemple la moitié du pot. S’il suit (voire relance), méfiez-vous, il a de bonnes chances d’avoir touché son As ou tout autre gros jeu. Et si vous êtes second à parler, testez-le : misez s’il checke, et relancez-le s’il mise. Vous serez ainsi assez vite fixé… Au poker, il ne faut jamais oublier que les mises ne sont ni plus ni moins que des questions que l’on pose à ses adversaires : assumeras-tu mon enchère ? as-tu le meilleur jeu ? Et ils nous répondent exactement de la même manière…


Ces Dames sont dangereuses

La paire de Dames, en tant que main très forte, mérite elle aussi une solide relance pré-flop. Toujours pour se protéger des mains moyennes et marginales, pour limiter le coup à deux ou trois joueurs au maximum et pour grossir le pot. Mais ici, vous espérez aussi avoir écarté les mains du type RV ou A5, car les Dames, elles craignent à la fois les As et les Rois au flop.

Si un joueur se contente de suivre, et que le flop ne comporte ni As ni Roi (ce qui sera le cas les deux tiers du temps), alors jouez vos Dames comme les As ou les Rois : en misant. Vous gagnerez le pot arrêté si votre (ou vos) adversaire(s) n’a rien touché, piégerez celui qui aura top pair/ top kicker, et ferez commettre une faute à celui qui vous suivrait sur un hypothétique tirage.

Cependant, à la différence de la paire d’As ou de Rois, la paire de Dames, quand elle est sur-relancée, ne peut guère faire mieux que de se contenter de caller dans le meilleur des cas. Car contrairement aux As et aux Rois, elle ne peut guère être sûre d’être la meilleure à ce stade, en particulier si la sur-relance vient d’un joueur réputé plutôt tight. Elle peut se retrouver face à AA, RR et, plus souvent, face à AR. Battue à contre 1 par les paires supérieures, la paire de Dames a à peine plus d’une chance sur deux face à AR. Si vous pouvez vous permettre de risquer votre tapis sur un coin flip* en cash game, il vous faudra y réfléchir à deux fois en tournoi, en particulier si votre survie est menacée. Mais les pros vous l’expliqueront mieux (voir encadré).

Comme vous pouvez le constater, le niveau de complexité de vos décisions augmente à mesure que la hauteur de votre paire diminue… Descendons encore d’un cran pour nous pencher sur la paire Valets.


Les Valets, des subalternes ?

La paire de Valets est sans aucun doute la plus difficile à jouer. En ce qui la concerne, la théorie se réduit à peu de choses près à un no man’s land. Normal, c’est une paire relativement « bâtarde » : ni tout à fait une grosse paire, ni tout à fait une moyenne. En effet, la moitié du temps, le board contiendra une carte supérieure au Valet, et l’autre moitié la paire de Valets sera une overpair.

Alors, comment aborder ces Valets un peu casse-pieds ? De trois façons principales, selon votre position et les éventuelles relances adverses.

La première : la relance pré-flop. Si elle vous garantit le gain du pot arrêté, tant mieux. La bataille, qui s’annonce généralement rude avec les Valets, n’aura pas lieu. Si vous êtes suivi, soyez prêts à miser même si le flop comporte une overcard, car sinon, pourquoi relancer ? En effet rien ne sert de relancer pour finalement afficher votre faiblesse en checkant sur un flop musclé ; autant avouer tout de suite à votre adversaire que vous avez une paire inférieure en main. S’il joue au Hold’em depuis un peu plus d’une semaine, il devrait normalement en profiter pour miser, et ce quelles que soient ses cartes ! Et là, il vous sera en toute logique assez difficile d’assumer son enchère…

La seconde : limper. Si le flop affiche des cartes du type 10-4-2 et qu’un adversaire a A10, le coup pourrait alors s’annoncer assez sanglant…pour lui ! Car il y a assez peu de chances pour qu’il vous mette sur une overpair de Valets cachée. De même si vous touchez votre brelan au flop et qu’un joueur, lui, trouve top pair/top kicker, vous pouvez faire un carnage si vous vous y prenez habilement.

La dernière : le fold. La paire de Valets n’étant tout de même pas une paire de Deux, ne passez que si deux autres joueurs entrent dans une compétition de surenchères qui n’augure rien de bon pour vous. En effet, si l’un d’eux a peut-être AR, l’autre a forcément une paire supérieure aux Valets.

* Coin flip : coup à pile ou face

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lassalle1809
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Puce Re: voici une série d'articles

le Lun 13 Avr - 18:11
Adoptez la poker attitude


Le poker est un jeu où l’on ment constamment. Jamais vous ne vibrez autant que lorsque vous arborez votre meilleure poker face pendant vos bluffs. Mais il y a une personne à qui vous ne devez jamais mentir : vous-même ! Alors tenez vos comptes, étudiez votre jeu et celui de vos adversaires, préparez avec minutie chacune de vos sessions, soyez discipliné et votre niveau de jeu s élèvera…


Vous jouez régulièrement mais vous ne connaissez pas exactement vos résultats. Vous avez lu quelques livres et savez qu’il faut être patient et discipliné, mais vous n’y pensez plus vraiment une fois la partie commencée. Quand vous voulez jouer, vous prenez la première table libre qui se présente et oubliez votre partie une fois levé. Si vous vous reconnaissez dans un ou plusieurs de ces traits, quelques petits changements simples d’attitude devraient vous aider à améliorer nettement vos résultats.


La base : tenir ses comptes

Parfois vous gagnez, parfois vous perdez, mais l’un dans l’autre vous avez l’impression d’être un bon joueur et vous êtes persuadés d’être gagnant au global. Pas la peine de suivre ses résultats en détail, c’est vraiment trop barbant. Voilà la façon de penser de beaucoup de joueurs de poker qui alimentent les tables de jeux. L’esprit humain a une forte tendance à occulter les mauvais souvenirs pour ne mettre en avant que les bons. On minimise ses pertes et l’on développe cette impression d’être gagnant alors que la réalité prouve le contraire… C’est pourquoi, il est primordial de tenir ses comptes, et de le faire sérieusement. Il ne s’agit pas de comptabiliser correctement ses gains, puis d’oublier son tableau après des pertes pour ensuite revenir dessus quand se présente une victoire… Si vous ne le faites pas encore, voilà quelques exemples concrets de ce que cela vous apportera. Le plus evident est que vous aurez une vision claire de vos résultats. Vous saurez si vous êtes un joueur gagnant ou perdant, et pourrez mesurer les effets des nouvelles techniques ou stratégies misent en place. Vous aurez également une meilleure compréhension de la volatilité inhérente au poker, car la défaite est le lot commun de tous les joueurs. Un bon joueur qui gagne environ 60% de ses sessions, peut perdre de nombreuses fois de suite. Pour supporter ces périodes de malchance (voir encadré), la compréhension des statistiques sur la base des parties passées est un atout majeur afin de garder son calme et de continuer à jouer son meilleur niveau. Ces periodes sont beaucoup plus difficiles à gérer sans une vision globale du jeu et de ses résultats.

Enfin, plus vous enregistrez d’informations, plus les leçons que vous pourrez en tirer seront précises et bénéfiques. Vous pouvez par exemple tenir des comptes séparés pour le cash game et les tournois afin d’identifier votre domaine de prédilection. Vous pouvez également répartir vos résultats, en fonction de l’heure de la journée à laquelle vous jouez. Si vous notez des différences en fonction de vos horaires de jeu, il vous faudra chercher une explication et en tirer les conséquences (soit dans votre façon de jouer, soit dans les joueurs que vous rencontrez, etc…). Dans tous les cas, ne tirez pas de conclusion trop hative. Votre base de données doit contenir suffisament de parties pour être pertinente, et une bonne base de départ se situera vers 800 heures de jeu.


Etudier, encore et toujours

Aucun joueur de poker n’a reussi sans étudier le jeu en profondeur. De nombreux ouvrages et revues existent aujourd’hui et il y en a pour tous les niveaux. Attention, il ne s’agit pas de les lire, apprendre les noms de quelques concepts et se remettre à jouer en pensant que c’est suffisant. Il faut vraiment les analyser en detail et mettre en application les techniques abordées. Face à la quantité d’informations disponibles, une méthode pratique consiste à intégrer les nouveautés de votre jeu une à une. Apres avoir lu un paragraphe qui vous semble intéressant, mettez vous à jouer en essayant d’appliquer le principe abordé quand les occasions se présentent. Vous pouvez ainsi allier la pratique à la théorie et juger par vous-mêmes de son efficacité. Car en matière de poker, il n’existe pas de vérité absolue et c’est à vous de déterminer votre style et la stratégie qui vous conviendra.

Le poker est en constante évolution et vous devez vous remettre en question en permanence. Les autres joueurs essaient aussi d’améliorer leur niveau de jeu et il ne faut jamais s’assoupir sur ses succès passés. C’est une sorte de voyage sans fin où pour rester au dessus du lot, il vous faudra apprendre toujours plus et expérimenter de nouvelles stratégies. Il faut également étudier votre jeu en permanence. Lorsque vous perdez un coup, pendant une session ou pendant trois mois, les premières questions à se poser sont : est-ce que je joue bien ? Est-ce que je fais des erreurs que je ne commettais pas avant ? Est-ce que j’aurais pu faire autre chose qui aurait mieux fonctionné ? Analysez vous, puis analysez l’environnement extérieur et vous finirez par trouver les réponses.


Prendre des notes

Après avoir travaillé votre jeu, l’étape suivante consiste à prendre de bonnes notes sur les joueurs que vous rencontrez. Par « bonnes » comprenez exactes et utilisables. Pourquoi perdre le bénéfice de toutes vos observations pendant une session en ne prenant pas de notes ? C’est d’autant plus vrai online, ou un simple click droit sur le nom d’un joueur, vous permet de taper des informations qui seront par la suite accessibles à chaque fois que vous le rencontrerez…

Vous pouvez mettre en place une codification afin de faciliter cette prise de notes. Plus elles seront faciles à écrire, plus le risque que vous les délaissiez sera faible. Elles seront aussi plus rapides à lire, ce qui peut être décisif lorsque les secondes qui vous restent avant de prendre votre décision défilent ! Ne soyez pas non plus trop définitif dans vos jugements. Il est important de classer vos notes par degré de certitude. Une erreur commise par l’un de vos adversaires a moins de valeur prédictive qu’après la cinquième observation. Prenez le en compte dans vos notes. C’est plus délicat de prendre des notes pendant un jeu live. Essayez de mémoriser un maximum d’information pendant le jeu et notez vos souvenirs à la fin de votre session. Concentrez vous évidemment sur les joueurs que vous rencontrez le plus souvent. Relisez vos notes avant de revenir jouer au même endroit étant donné qu’il sera impossible de les consulter en cours de jeu…


Une partie commence avant d’être assis à la table

Avant de jouer, vous devez choisir à quelle table vous allez vous assoir. Cette phase est très différente online ou en live. Online, vous avez à priori l’embarras du choix aux limites qui vous intéressent. Cela ne veut pas dire qu’il faut vous asseoir à la première table venue. Il y a avant quelques questions à se poser. Voulez-vous jouez sur une table très loose, loose ou plutot tight ? En effet, les tables très looses sont considérées comme les plus lucratives mais ce sont également les plus risquées et doivent être abordées avec un état d’esprit très différent d’une table tight. Avez-vous suffisament d’expérience pour jouer en short-handed ? Préférez-vous les tables rapides ou lentes ? Toutes ces informations sont disponibles en un clin d’œil sur internet, comme le nombre de flops vus, la moyenne du pot, le nombre de mains jouées par heure…alors ne vous en privez pas ! La donne est radicalement différente en live. Le choix des tables est beaucoup plus réduit, et les informations à votre disposition bien moins nombreuses. L’attente avant d’être assis peut être longue et il ne faut jamais perdre patience. Si vous avez attendu trop longtemps et sentez que cela affectera votre jeu, mieux vaut peut-être remettre sa partie à un autre jour. Certaines heures sont plus ou moins propices à ces longues listes d’initiales sur les tableaux et avec un peu d’habitude et de plannification, on peut facilement éviter les heures noires. Mais dans tous les cas, mieux vaut ne pas s’asseoir à une table qui a une limite qui ne vous convient pas car une place se libère. Soyez patient (voir encadré).

Néanmoins, le facteur le plus important à déterminer avant de s’asseoir à une table est votre état. Quelle que soit votre envie de jouer, vous devez apprendre à reconnaître les circonstances propices à une dégradation de votre niveau de jeu et éviter les tables de poker dans ces moments là.


Changer de limites

Il y a deux raisons valables pour vouloir changer les limites auxquelles vous jouez. Vous êtes gagnants à votre limite actuelle et vous vous sentez prêt à faire le saut vers la limite supérieure, ou bien vous êtes perdants et il est peut-être temps de songer à la diminuer. Dans les deux cas, c’est une décision qui doit être réfléchie et ne pas être prise sur un coup de tête. Si vous perdez à votre limite actuelle, vous ne devez en aucun css jouer sur des tables plus chères. Les raisonnements du type : « je perds à cause des bad beats à la 2/4, donc je vais jouer à la 5/10 car les joueurs y seront meilleurs et j’aurais moins de malchance » sont à proscrire. La réalité des chiffres et de vos résultats n’ont une valeur probante que sur le long terme. Et rappeler vous que plus les bad beats sont nombreux, meilleures sont les tables car cela signifie que vos adversaires prennent de mauvaises décisions. Si vous continuez à perdre à cette limite sur la durée, il faudra peut-être remettre en cause votre stratégie et penser plutôt à réduire les mises… Maintenant, vous gagnez de manière consistante et envisagez de monter en limites. Voilà qui semble raisonnable, mais mérite tout de même un peu de précautions. Vérifiez tout d’abord que votre bankroll vous le permet. Le stress augmente toujours quand on change ses habitudes, et si à ce stress s’ajoute une pression financière trop forte, vous diminuerez vos chances de succès à cette nouvelle limite. Mieux vaut alors attendre un peu et continuer à augmenter votre bankroll avant de faire le grand saut. Et surtout, n’hésitez pas à redescendre de limite si les resultats ne sont pas au rendez-vous. Il n’y a aucune honte à revenir au niveau précédent pour reprendre confiance et retrouver le chemin de la victoire. L’expérience accumulée sera très utile pour votre prochaine tentative, mais n’insistez pas si ca ne marche pas !


Le poker, avec ses règles particulièrement simples, est un jeu d’une extrême complexité aux méandres sans fin. Il nécessite patience, discipline et entraînement pour pouvoir y exceller. Il demande aussi une grande connaissance de soi, de ses forces et de ses faiblesses. C’est un jeu de confrontation où vous devez mettre votre ego de coté pour analyser froidement les situations, vos adversaires, et surtout vous-même. Une fois ces paramètres maîtrisés, vous entrerez dans le cercle des gagnants.

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